Road trip des phares bretons : itinéraire côtier entre légendes, panoramas et balades incontournables

Road trip des phares bretons : itinéraire côtier entre légendes, panoramas et balades incontournables

Road trip des phares bretons : itinéraire côtier entre légendes, panoramas et balades incontournables

Alignés face à l’Atlantique, les phares bretons dessinent une route singulière, entre côtes déchiquetées, caps battus par les vents et petites criques discrètes. Suivre leur trace en road trip, c’est traverser une Bretagne multiple, où la rigueur des paysages maritimes se mêle aux récits de naufrages, aux histoires de gardiens isolés et aux mythes marins encore bien présents dans la mémoire locale.

Préparer son road trip des phares bretons

Un itinéraire des phares bretons peut se parcourir en quelques jours comme en plusieurs semaines, selon que l’on souhaite simplement en apercevoir les silhouettes emblématiques ou prendre le temps de randonner et de visiter les environs. La voiture reste le moyen le plus souple pour relier les différents caps, tout en combinant routes côtières et petites départementales à travers l’arrière-pays.

Pour une première découverte, un itinéraire classique suit la façade nord de la Bretagne, du Mont-Saint-Michel ou de la baie de Saint-Malo jusqu’à l’Iroise, avant de poursuivre éventuellement le long des côtes du Finistère sud et du Morbihan. De nombreux phares sont accessibles toute l’année, mais certaines visites intérieures (montée dans la tour, exposition, musée) sont saisonnières.

Avant le départ, il est pertinent de :

Sur la Côte d’Émeraude : entre falaises et caps légendaires

La Côte d’Émeraude, entre Cancale et le cap Fréhel, offre une première immersion dans l’univers des phares, sur fond de falaises abruptes et de grèves aux couleurs changeantes. Ici, les phares se dressent sur des promontoires rocheux, veillant sur une navigation parfois délicate dans les courants du nord de la Bretagne.

Le phare du Cap Fréhel est l’un des plus emblématiques. Perché au-dessus d’un à-pic vertigineux, il domine une réserve naturelle ornithologique où nichent fulmars, cormorans et goélands. L’actuel phare en béton, haut de plus de 30 mètres, remplace des constructions plus anciennes et signale l’entrée de la baie de Saint-Malo. Il se visite en saison, offrant depuis sa lanterne un large panorama sur la côte, jusqu’au fort La Latte, silhouette médiévale posée sur son éperon rocheux.

Autour du cap, le sentier des douaniers permet une série de balades courtes ou plus longues, parmi les landes de bruyères et d’ajoncs. Par temps clair, l’horizon se découpe nettement, rappelant la fonction première du phare : guider les navires dans ces eaux parsemées de récifs, longtemps redoutées des marins.

De la Côte de Granit Rose aux abers : un chapelet de phares emblématiques

En poursuivant vers l’ouest, l’itinéraire traverse la Côte de Granit Rose, connue pour ses rochers aux teintes rosées sculptées par l’érosion. Dans ce décor minéral, le phare de Ploumanac’h (ou Mean Ruz) est l’une des images les plus célèbres de Bretagne.

Posé sur un amas de blocs de granit, le phare de Ploumanac’h veille sur l’archipel des Sept-Îles. Il ne se visite pas, mais le spectacle se trouve surtout à l’extérieur. Le chemin côtier, très accessible, serpente entre les chaos rocheux et offre de nombreux points de vue sur la silhouette massive de la tour, particulièrement photogénique au coucher du soleil. Par temps de brume ou de forte houle, le contraste entre la pierre rose et la mer grise ou verte accentue l’atmosphère un peu irréelle du lieu.

Plus à l’ouest, la côte devient plus sauvage à l’approche des abers, ces rias profondes qui entaillent le littoral du nord Finistère. Le phare de l’Île Vierge, au large de Plouguerneau, est un site majeur pour les amateurs de phares. Accessible par bateau en saison, il est réputé pour sa tour de granit de plus de 80 mètres, l’une des plus hautes du monde en pierre. La montée au sommet, via un long escalier en colimaçon, offre une vue exceptionnelle sur les eaux turquoise des abers et les îlots environnants.

Là encore, les légendes maritimes ne sont jamais loin : nombreux sont les récits de naufrages, de sauvetages in extremis et de gardiens isolés plusieurs semaines dans ces phares insulaires, confrontés à la solitude, aux tempêtes et à la dangerosité des approches.

En mer d’Iroise : le « cimetière des navires » et ses sentinelles

La mer d’Iroise, à l’extrémité ouest de la Bretagne, concentre une forte densité de phares. Longtemps surnommée le « cimetière des navires » en raison des courants violents et des récifs disséminés, elle est aujourd’hui l’un des terrains de jeu favoris pour un road trip thématique, tant les silhouettes de phares jalonnent l’horizon.

À la pointe Saint-Mathieu, près de Brest, se trouve un phare spectaculaire, planté au milieu des ruines d’une ancienne abbaye. Ce contraste entre la tour blanche et rouge et les pierres grises des vestiges confère au site une dimension presque théâtrale. Le phare, accessible à la visite, domine la falaise. À ses pieds, un mémorial national rend hommage aux marins disparus, rappelant la dure réalité de la navigation en Iroise.

La pointe elle-même se parcourt à pied, en suivant le GR34. Les randonneurs peuvent observer le ballet des navires entrant ou sortant de la rade de Brest, tout en scrutant les autres phares de la zone : le phare du Petit Minou, posé à l’entrée du goulet de Brest, ou encore les silhouettes au large de Kermorvan et de Trézien.

Plus au nord-ouest encore, depuis les environs de Plougonvelin ou de la presqu’île de Kermorvan, le regard embrasse certains phares en mer parmi les plus célèbres de Bretagne. Le phare de la Jument, sur son rocher battu par les vagues au large d’Ouessant, est connu dans le monde entier grâce aux photographies spectaculaires le montrant assailli par des vagues gigantesques. Plus au large, Ar-Men, solitaire sur un écueil minuscule, symbolise à lui seul la difficulté de la vie de gardien de phare à l’époque où ces tours étaient encore habitées.

Même si ces phares en mer ne se visitent pas facilement, ils font partie intégrante du voyage. Les croisières autour des îles d’Ouessant et de Molène permettent de les apercevoir de plus près, tandis que de nombreux points de vue côtiers offrent des panoramas saisissants, notamment au lever ou au coucher du soleil.

Finistère sud : entre grandes plages et caps sauvages

En redescendant vers le sud, le littoral change de visage, alternant longues plages de sable, estuaires et falaises plus douces. Les phares y sont souvent associés à des sites de promenade parfaitement adaptés à un road trip rythmé par des pauses baignade, des visites de ports et des balades sur les pointes.

Le phare d’Eckmühl, à Penmarc’h, domine la baie d’Audierne. Construit à la fin du XIXe siècle grâce au legs de la marquise de Blocqueville, il doit son nom au titre de son père, prince d’Eckmühl. Sa tour octogonale en granit, habillée à l’intérieur d’un escalier monumental, attire de nombreux visiteurs. De là-haut, la vue embrasse les plages infinies et le cordon dunaire de la baie, ainsi que le port de Saint-Guénolé et ses rochers sculptés par l’océan.

Un peu plus à l’est, le phare de la pointe de Penmarc’h n’est qu’une des étapes d’un secteur riche en promenades côtières. Les sentiers permettent d’enchaîner criques, petites chapelles en bord de mer et sites mégalithiques, témoignant de l’ancienneté de l’occupation humaine sur ce littoral.

Plus près de Concarneau et de Bénodet, les phares ponctuent l’estuaire de l’Odet et les îles de l’archipel des Glénan. Moins spectaculaires que leurs homologues de l’Iroise, ils forment cependant un maillage lumineux essentiel pour la navigation de plaisance très présente dans ces eaux claires.

Morbihan : entre légendes celtiques et estuaires paisibles

Plus au sud encore, l’atmosphère change progressivement. Le golfe du Morbihan, avec ses innombrables îlots, ses courants complexes et ses rives boisées, abrite quelques phares plus discrets, mais intégrés à un environnement culturel et naturel riche.

À l’entrée du golfe, le phare de Port-Navalo veille sur un passage resserré où les courants peuvent être puissants. Il accompagne les navires qui entrent et sortent de ce « petite mer intérieure » dont les légendes racontent qu’elle compterait autant d’îles que de jours dans l’année. Ici, un road trip des phares se combine facilement avec des traversées maritimes vers les îles d’Arz ou aux Moines, ou encore avec la découverte des alignements mégalithiques de Carnac, non loin de là.

Le long de la côte morbihannaise, quelques phares guident encore la navigation dans les estuaires ou à proximité de ports de pêche et de plaisance. Moins exposés aux grandes houles de l’Atlantique que leurs homologues du Finistère, ils n’en restent pas moins intimement liés à l’histoire locale. Les balades côtières, le long de la ria d’Étel ou de la presqu’île de Quiberon, ponctuent agréablement la fin d’un itinéraire commencé bien plus au nord.

Balades, patrimoine et histoires de mer : prolonger le voyage

Suivre un road trip des phares bretons, ce n’est pas seulement enchaîner des points sur une carte. Chaque site offre l’occasion de découvrir un pan du patrimoine maritime local, qu’il s’agisse de musées, de sentiers d’interprétation ou de simples panneaux expliquant la signalisation en mer.

Pour enrichir le parcours, il est possible de :

Cette route des phares permet ainsi de parcourir l’ensemble de la façade littorale bretonne, d’est en ouest puis vers le sud, en suivant un fil conducteur simple mais riche de sens : celui de la lumière guidant les navires. Entre caps battus par les vents, criques abritées, villages de pêcheurs et paysages grandioses, l’itinéraire invite à une exploration patiente, propice aux détours et aux pauses imprévues. Les phares deviennent alors autant de jalons pour mieux comprendre la relation intime qui unit la Bretagne à la mer, faite de respect, de prudence et d’une profonde fascination pour cet horizon changeant.

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