Il existe au large des côtes Morbihannaises une petite île, un « bout de caillou » émergeant des profondeurs de la mer, un lieu qui ne vit que pour l’océan au rythme des marées. Groix est son nom, et elle a su conserver au fil des siècles cet aspect si particulier qui fait tout son charme.
Car le lieu est changeant et se pare de maints costumes. Parfois violente, préférant au vacarme d’une circulation trop dense celui d’une tempête s’abattant sur le phare de la Pointe des Chats, Groix se fait aussi sauvage, balayant d’un coup de vent l’idée même nos constructions urbaines pour laisser place à la splendeur de ses falaises escarpées.
Toutefois la demoiselle peut se montrer frivole, déplaçant ainsi au gré des vagues la Plage des Grands Sables le long de ses côtes ciselées, dévoilant tour à tour ses bancs de sables rouge et blanc. Les sentiers de la belle vous mèneront peut-être à la Sépulture du Viking, aux mégalithes de Kermario, ou encore au camp gaulois de Kervédan.
A Groix la nature est reine, et ne se laisse pas dompter si facilement. Sur les falaises, diverses espèces animales et végétales cohabitent, du grand goëland argenté au cormoran huppé en passant par la lande parfumée. Mais l’île recèle d’autres trésors, très recherchés par bien des géologues : il s’agit de minéraux d’exception comme le glaucophane bleu ou le grenat rouge qui donne cette couleur si particulière au sable de groix.
Le pied est à peine posé sur le plancher des vaches qu’un détail insolite vous interpelle : le clocher de l’église affiche ses positions en exposant aux vents sa girouette en forme de thon. On comprend alors toute l’importance de l’industrie thonière et de la vie de marin grâce à l’écomusée qui retrace la vie des Groisillons.
De nos jours encore, l’île est réputée pour son accueil chaleureux envers le voyageur qui souhaite s’y reposer. Sur le continent, les gens ont même nommé les habitants de Groix les « Greks », qui signifie en breton « cafetière » en référence au café chaud qui attendait toujours le retour des marins dans leurs maisons, et qui était offert aux visiteurs, qu’ils soient connus ou non.
Ty Beudeff est à l’image de cette hospitalité, ce bistrot où se sont croisés maints navigateurs, et où résonnent encore les chants de nombreux marins.
L’île est donc surtout propice aux balades calmes et tranquilles le long des cotes. Mais avant que vous n’alliez vous promener près Trou de l’Enfer, vous devez savoir qu’une légende raconte que le lieu a longtemps été habité par un être mi-homme mi-bête, un « Korrigan des mers » qui dévorait tout ce qui s’approchait de son repère, détournant les navires afin qu’ils se fracassent contre les parois effilées de sa grotte, emplissant les nuits des enfants d’affreux cauchemars…
Sur ce, bonne visite !
Les Photos de Groix :
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